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Fouzi Lekjaa rejoint le PAM : un renfort de poids avant les législatives, mais quelle place pour les MRE ?

L’entrée officielle de Fouzi Lekjaa au Parti Authenticité et Modernité marque l’un des mouvements les plus observés à l’approche des élections législatives marocaines du 23 septembre 2026. Le ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football a rejoint le PAM lors de la session de son Conseil national organisée à Salé, avant d’intégrer son bureau politique.

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Fouzi Lekjaa rejoint le PAM : un renfort de poids avant les législatives, mais quelle place pour les MRE ?

Cette arrivée donne au parti un profil expérimenté, connu pour sa capacité de gestion, son sens de l’organisation et son exposition nationale comme internationale. Elle renforce également l’image d’un PAM qui cherche à élargir son offre politique et à attirer des personnalités associées à l’efficacité publique.

Mais au-delà de l’effet d’annonce, une question essentielle se pose : que peut apporter ce recrutement aux Marocains résidant à l’étranger et aux grands défis qui attendent le Royaume ?

Un profil de gestionnaire dans une campagne qui devra parler de résultats

Fouzi Lekjaa n’entre pas en politique partisane comme un inconnu. Son parcours dans la gestion budgétaire et dans le football marocain lui a donné une visibilité particulière.

Sa candidature annoncée dans la circonscription de Berkane place également cette adhésion dans une logique électorale concrète, et non dans un simple soutien symbolique.

Pour le PAM, l’intérêt est évident : présenter un responsable capable de parler de planification, de financement, d’infrastructures et d’exécution. Dans une période où les citoyens attendent moins de promesses générales et davantage de résultats mesurables, ce type de profil peut devenir un véritable atout.

Toutefois, la popularité d’une personnalité ne remplace pas un programme. Le défi sera donc de transformer cette notoriété en propositions claires, notamment sur l’emploi, la protection sociale, l’investissement territorial, l’éducation et la modernisation de l’administration.

Les MRE ne doivent pas rester en marge du débat électoral

Les prochaines législatives ne peuvent pas être pensées uniquement depuis l’intérieur du territoire national.

Les Marocains du monde représentent une force humaine, économique, culturelle et diplomatique considérable. Pourtant, ils restent souvent présents dans les discours et insuffisamment visibles dans la construction concrète des programmes politiques.

L’arrivée de Fouzi Lekjaa au PAM pourrait ouvrir un nouveau chantier : celui d’une politique plus structurée à destination des MRE.

Plusieurs questions méritent d’être posées.

Le parti proposera-t-il une représentation politique plus forte des Marocains de l’étranger ? Prévoit-il des mécanismes simples pour faciliter leurs investissements ? S’engagera-t-il sur la numérisation complète des procédures administratives qui les concernent ? Quelle réponse apportera-t-il aux problèmes récurrents liés au foncier, à l’héritage, aux délais judiciaires, aux consulats ou au retour des compétences ?

Ces sujets ne sont pas secondaires. Ils touchent directement à la relation de confiance entre le Royaume et plusieurs millions de ses citoyens établis hors du pays.

Passer d’une politique d’accueil à une politique de participation

Pendant longtemps, l’approche envers les MRE a surtout été centrée sur l’accueil estival, les transferts financiers et le maintien du lien culturel.

Cette vision reste importante, mais elle ne suffit plus.

Les nouvelles générations de Marocains nés ou formés à l’étranger souhaitent participer autrement. Elles veulent investir, transmettre leurs compétences, créer des entreprises, contribuer à la recherche, enseigner, entreprendre et parfois revenir.

Le vrai défi consiste donc à passer d’une politique qui remercie les MRE à une politique qui les associe.

Un parti qui aspire à jouer un rôle central dans la prochaine étape politique devra répondre à cette évolution. Il devra considérer les Marocains du monde non comme une catégorie extérieure, mais comme une composante pleinement active du développement national.

L’efficacité comme promesse politique

La trajectoire de Fouzi Lekjaa est souvent associée à la culture du résultat. Son arrivée peut donc devenir une occasion de pousser le débat politique vers une question simple : comment faire mieux, plus vite et de manière plus lisible ?

Pour les MRE, cette efficacité pourrait se traduire par des démarches administratives entièrement accessibles à distance, un guichet unique pour l’investissement, une meilleure coordination entre consulats et administrations marocaines, ainsi qu’un suivi transparent des réclamations.

Elle pourrait aussi concerner les jeunes talents binationaux, les chercheurs, les médecins, les ingénieurs, les entrepreneurs et les créateurs qui souhaitent contribuer au Maroc sans nécessairement s’y installer définitivement.

Le Royaume dispose d’un immense réseau de compétences à travers le monde. Encore faut-il lui proposer un cadre stable, rapide et crédible.

Un atout pour le PAM, mais aussi une responsabilité

L’intégration de Fouzi Lekjaa au bureau politique du PAM donne au parti un renfort incontestable à quelques semaines du scrutin.

Mais ce renfort crée aussi une attente.

Le public jugera moins l’annonce que ses conséquences. Les électeurs voudront savoir quelle vision économique, sociale et territoriale accompagnera cette candidature. Les MRE, de leur côté, observeront si leurs préoccupations apparaissent réellement dans le programme ou seulement dans les discours de campagne.

Le défi du PAM sera donc de montrer que cette arrivée n’est pas une simple opération d’image, mais le début d’une offre politique plus précise et plus ambitieuse.

Les grands défis de l’après-2026

La prochaine législature devra gérer une période décisive.

Le Maroc devra poursuivre ses grands projets d’infrastructure, renforcer l’emploi des jeunes, améliorer la qualité des services publics, réduire les écarts entre les territoires et préparer durablement les grandes échéances internationales.

Dans cette perspective, la présence de responsables issus de la gestion opérationnelle peut enrichir la vie politique. Mais l’efficacité technique doit toujours être accompagnée d’écoute, de proximité et de responsabilité démocratique.

Les Marocains du monde devront être pleinement associés à cette étape. Leur expertise, leur capacité d’investissement et leur connaissance des marchés internationaux peuvent soutenir l’avenir du pays.

Ils ne doivent pas être sollicités uniquement lorsqu’il s’agit de transférer de l’argent ou de promouvoir l’image du Maroc à l’étranger. Ils doivent aussi pouvoir participer aux décisions, aux projets et à la définition des priorités nationales.

Une arrivée prometteuse, à confirmer par un véritable projet

L’adhésion de Fouzi Lekjaa au PAM constitue un signal politique fort. Elle renforce le parti à l’approche des législatives et apporte un profil marqué par l’expérience, la gestion et la visibilité internationale.

Mais l’avenir ne se jouera pas seulement sur les noms.

Il se jouera sur la capacité à répondre aux attentes concrètes des citoyens, à restaurer la confiance dans l’action publique et à ouvrir une nouvelle place aux Marocains du monde.

Pour le PAM, l’arrivée de Fouzi Lekjaa peut représenter une opportunité. Pour les MRE, elle doit surtout devenir une question politique : seront-ils enfin considérés comme des partenaires à part entière de la prochaine étape marocaine ?

La réponse devra se trouver dans le programme, dans les engagements et, surtout, dans les résultats.

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