Panorama À la une

Hassan Safouhi, le mathématicien marocain qui transforme le savoir en passerelle entre le Maroc et le Canada

La diplomatie ne se joue pas uniquement dans les ambassades. Elle se construit également dans les universités, lorsque des chercheurs commencent à travailler ensemble, lorsqu’un doctorant franchit un océan pour rejoindre un laboratoire ou lorsqu’une relation académique survit aux changements de gouvernements. Au Canada, Hassan Safouhi incarne depuis plusieurs années cette autre forme de rapprochement.

2 min de lecture 👁 34 vues 💬 0 commentaire(s)
FR
Hassan Safouhi, le mathématicien marocain qui transforme le savoir en passerelle entre le Maroc et le Canada

Professeur de mathématiques appliquées à l’Université de l’Alberta et vice-doyen du Campus Saint-Jean, il a suivi une partie de son parcours académique au Maroc avant de poursuivre ses études en France. L’Université de l’Alberta indique notamment qu’il a obtenu en 1994 une maîtrise en mathématiques appliquées à l’Université Hassan II de Casablanca.

En 2025, Campus Saint-Jean a mis en avant une distinction récompensant son engagement exceptionnel dans la promotion et le renforcement des relations entre le Maroc et le Canada. En mars 2026, l’université lui consacrait encore un portrait résumant son parcours autour de trois dimensions : mathématiques, éducation et « diplomatie du savoir ».

Un scientifique qui construit aussi des réseaux

La singularité du parcours de Safouhi tient précisément à ce mélange entre recherche et construction institutionnelle.

Il est également impliqué dans l’Association canadienne des professeurs et chercheurs marocains, où l’Université de l’Alberta le présente comme professeur de mathématiques appliquées et computationnelles et vice-doyen.

Derrière les intitulés universitaires se trouve un enjeu très concret.

Une diaspora scientifique forte devient beaucoup plus utile lorsqu’elle fonctionne en réseau.

Un chercheur isolé peut réussir brillamment.

Des dizaines de chercheurs connectés peuvent créer des programmes, recommander des étudiants, rapprocher des universités et faire émerger des projets communs.

Pourquoi les mathématiques comptent autant

Les mathématiques appliquées sont rarement présentées comme un secteur spectaculaire.

Pourtant, elles se trouvent derrière une grande partie des transformations technologiques actuelles.

L’intelligence artificielle utilise des modèles mathématiques.

L’ingénierie utilise des simulations.

La finance quantitative repose sur des équations.

La physique, la logistique, l’optimisation industrielle ou la recherche médicale ont toutes besoin d’outils mathématiques sophistiqués.

Le domaine de Safouhi appartient donc à cette infrastructure intellectuelle invisible sur laquelle repose une partie de l’innovation moderne.

La diaspora comme avantage stratégique

Son histoire permet aussi de sortir d’une vision ancienne de l’émigration qualifiée.

Pendant longtemps, le débat se résumait à la fuite des cerveaux : le Maroc forme une compétence, puis un autre pays en bénéficie.

Cette lecture ne disparaît pas complètement.

Mais elle devient insuffisante lorsqu’un universitaire installé à l’étranger continue à relier son pays d’origine à son environnement professionnel.

Un professeur marocain au Canada peut devenir un point d’entrée vers un réseau de chercheurs, une source de mentorat pour les étudiants, un partenaire pour une université marocaine et un ambassadeur informel de l’excellence académique du Royaume.

Hassan Safouhi montre ainsi que la valeur d’un Marocain du monde ne se mesure pas uniquement à sa réussite individuelle. Elle se mesure aussi aux portes qu’il parvient à ouvrir derrière lui et aux ponts qu’il construit entre le Maroc et son pays d’accueil.

Cet article vous a-t-il été utile ?
Taille 100%

Articles similaires

💬 Commentaires (0)

💬

Aucun commentaire. Soyez le premier !

✏️ Laisser un commentaire

Non publié
0/1000