Selon Fortune, Oubou est née au Maroc et a rejoint les États-Unis avec sa famille à l’âge de 15 ans. Le magazine souligne également sa formation en ingénierie biomédicale et son passage par la recherche sur le cancer avant son orientation vers l’entrepreneuriat.
Sa biographie professionnelle la présente par ailleurs comme diplômée en biochimie et bioengineering, scientifique publiée et Miss New York US 2015, avant sa transition vers les médias et les initiatives consacrées aux femmes entrepreneures.
Quand une carrière change de langage
Passer de la recherche scientifique à l’entrepreneuriat pourrait ressembler à une rupture complète.
En réalité, certaines compétences voyagent très bien d’un univers à l’autre.
La science apprend à vérifier.
À tester une hypothèse.
À accepter qu’une première réponse puisse être fausse.
À recommencer.
Ce sont également des compétences utiles lorsqu’on crée une entreprise.
Le parcours d’Oubou illustre précisément cette capacité à ne pas considérer une formation initiale comme une prison professionnelle.
Une carrière peut changer sans annuler ce qui la précède.
La visibilité des femmes comme projet entrepreneurial
Oubou s’est ensuite fait connaître en fondant SWAAY, une plateforme médiatique consacrée notamment aux femmes entrepreneures, dirigeantes et créatrices.
Le projet reposait sur une interrogation liée à la représentation : pourquoi certaines réussites bénéficient-elles d’une forte visibilité médiatique tandis que d’autres restent largement absentes du récit économique dominant ?
Cette question dépasse la communication.
Les médias contribuent à fabriquer les figures auxquelles une génération peut s’identifier.
Lorsque les mêmes profils sont constamment mis en avant, la société finit également par produire une définition très étroite de ce qu’est un dirigeant, un entrepreneur ou une personne influente.
Créer de nouveaux espaces médiatiques revient donc aussi à élargir ces représentations.
Une trajectoire maroco-américaine très contemporaine
L’histoire d’Iman Oubou raconte aussi une certaine Amérique marocaine.
Une diaspora où l’identité peut être multiple et les carrières beaucoup moins linéaires que celles des générations précédentes.
On peut partir du Maroc jeune.
Être formée à la science.
Explorer un univers aussi différent que les concours de beauté.
Puis construire une entreprise dans les médias.
Ce qui ressemble de l’extérieur à une succession de contradictions peut, dans la réalité, former un ensemble cohérent de compétences : rigueur scientifique, capacité à communiquer, confiance en soi, compréhension de l’image et culture entrepreneuriale.
Une compétence marocaine qui ne tient pas dans une case
C’est précisément ce qui rend ce portrait intéressant dans notre cartographie des Marocains du monde.
Mettre en valeur les compétences du Royaume ne signifie pas uniquement chercher des carrières parfaitement conventionnelles.
Cela signifie également observer ceux qui réussissent à inventer leur propre combinaison.
Iman Oubou rappelle qu’une carrière internationale ne doit pas nécessairement suivre une ligne droite pour avoir de la cohérence. Du laboratoire aux médias, son parcours montre surtout que les compétences acquises dans une première vie professionnelle peuvent devenir les outils de la suivante.
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