Pour les Marocains résidant en Arabie saoudite, l’inquiétude ne se limite plus à la sécurité. Depuis plusieurs jours, les attaques contre les infrastructures saoudiennes désorganisent les déplacements professionnels, les retours vers le Maroc et les voyages familiaux.
L’aéroport international King Khalid de Riyad reste fermé après les frappes qui ont touché ses installations. L’Autorité générale saoudienne de l’aviation civile a officiellement prolongé la suspension des opérations afin de poursuivre les inspections de sécurité et de vérifier la capacité opérationnelle des équipements.
Selon l’avis aéronautique consulté par Reuters, la fermeture doit rester en vigueur jusqu’au 17 octobre à 21 heures GMT, sous réserve d’une nouvelle prolongation. Une réouverture administrative ne signifierait d’ailleurs pas un retour immédiat à la normale : les avions, équipages et passagers devront être repositionnés, tandis que les compagnies devront absorber plusieurs jours d’annulations.
Une crise qui continue de s’étendre
L’attaque du 10 octobre contre l’aéroport de Riyad a fait 13 morts et plus de 300 blessés, selon le bilan actualisé rapporté par Reuters. Une nouvelle attaque, survenue le lendemain, a tué une personne et blessé près d’une douzaine d’autres.
La crise a depuis gagné d’autres infrastructures. Une frappe a touché un bâtiment administratif du complexe de Saudi Aramco à Dhahran, sans faire de victime d’après le ministère saoudien de l’Énergie. Les Houthis ont parallèlement annoncé leur intention de poursuivre leurs attaques contre les aéroports et les installations pétrolières saoudiennes.
L’Agence européenne de la sécurité aérienne considère que les missiles, les drones, les opérations d’interception et les éventuelles chutes de débris créent un environnement susceptible de se détériorer rapidement. Elle recommande aux opérateurs de suivre constamment les publications aéronautiques et l’évolution de l’espace aérien saoudien.
Quelles compagnies ont annulé leurs vols ?
Les calendriers communiqués ne sont pas identiques et peuvent encore changer.
| Compagnie | Situation annoncée |
|---|---|
| Air France-KLM | Vols de Riyad suspendus jusqu’à la fin octobre |
| Lufthansa Group | Vols de Riyad annulés jusqu’au 16 octobre |
| Etihad Airways | Liaisons Abu Dhabi–Riyad annulées jusqu’au 19 octobre ; autres vols saoudiens affectés |
| Qatar Airways | Vols de Riyad et Dammam temporairement suspendus, sans date ferme de reprise |
| Gulf Air | Liaisons de Riyad annulées jusqu’au 17 octobre |
| Air India | Riyad, Dammam et Djeddah suspendus jusqu’au 17 octobre |
| IndiGo | Riyad, Djeddah, Dammam et Médine suspendus jusqu’au 17 octobre |
| Akasa Air | Riyad et Djeddah suspendus jusqu’au 17 octobre |
Ces dates constituent des prévisions opérationnelles, pas des garanties de reprise.
Royal Air Maroc : vérifier le vol, pas seulement la ligne
Au moment de cette vérification, MMNEWS n’a pas identifié de communiqué public de Royal Air Maroc annonçant une suspension générale de toutes ses liaisons avec l’Arabie saoudite. Cela ne garantit toutefois pas le maintien d’un vol déterminé.
Les voyageurs doivent rechercher leur numéro de vol dans l’espace officiel de suivi de RAM ou dans « Gérer ma réservation ». En cas d’annulation, la compagnie indique proposer, selon les disponibilités et les conditions applicables, une nouvelle réservation, un itinéraire alternatif ou un remboursement. Les notifications sont envoyées par SMS, courrier électronique, application ou site internet lorsque les coordonnées du passager sont correctement enregistrées.
Une réservation encore visible dans une application ne suffit pas toujours. Il faut obtenir une confirmation récente de son statut, particulièrement pour un vol vers Riyad ou une correspondance passant par un aéroport du Golfe.
Les recommandations de MMNEWS aux MRE
Les Marocains résidant en Arabie saoudite ou devant s’y rendre devraient :
- ne pas se déplacer vers l’aéroport sans confirmation écrite ou électronique du vol ;
- vérifier séparément chaque segment lorsqu’un trajet comprend plusieurs compagnies ;
- mettre à jour leur téléphone et leur adresse électronique dans la réservation ;
- conserver les messages d’annulation, cartes d’embarquement, factures d’hôtel et reçus de transport ;
- demander d’abord à la compagnie un réacheminement avant d’acheter eux-mêmes un nouveau billet ;
- éviter les abords des aéroports, installations énergétiques et autres sites sensibles en l’absence de déplacement indispensable ;
- ne pas photographier les opérations de défense, les impacts ou les débris ;
- ne jamais toucher un fragment de missile ou de drone et signaler sa présence aux autorités ;
- consulter l’annuaire officiel du ministère marocain des Affaires étrangères pour joindre l’ambassade à Riyad ou les services consulaires compétents.
Remboursement ou indemnisation : ne pas confondre
Lorsqu’un vol relevant du droit européen est annulé, le passager peut généralement choisir entre le remboursement et le réacheminement. L’assistance peut également inclure repas ou hébergement lorsque les conditions légales sont réunies.
En revanche, une indemnisation forfaitaire n’est pas automatiquement due lorsque l’annulation résulte de circonstances extraordinaires que la compagnie ne pouvait éviter. Une situation de conflit armé ou une fermeture de l’espace aérien peut entrer dans cette catégorie. Chaque dossier dépend toutefois de l’itinéraire, du transporteur effectif et des circonstances précises.
Une réouverture qui ne réglera pas tout immédiatement
Même si l’échéance du 17 octobre est maintenue, plusieurs jours seront probablement nécessaires pour rétablir un programme stable. Une nouvelle menace ou une nouvelle évaluation de sécurité pourrait également repousser la reprise.
Pour les MRE, la meilleure règle reste simple : ne jamais partir vers l’aéroport sur la seule base de l’horaire initial du billet. Dans cette crise, la confirmation du jour — idéalement quelques heures avant le départ — est devenue aussi importante que le billet lui-même.
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