سياسة مميز

El Mansouri devant le Parlement : un programme social ambitieux, mais une promesse MRE encore sans mode d’emploi

Pour sa première déclaration gouvernementale devant les deux Chambres du Parlement, lundi 19 octobre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri a présenté une feuille de route organisée autour de sept priorités. Pouvoir d’achat, protection sociale, jeunesse, lutte contre la corruption et souveraineté économique dominent le programme 2026-2031. Les Marocains du monde y sont bien mentionnés, mais sans dispositif chiffré ni calendrier détaillé à ce stade.

• • 5 دقيقة للقراءة • 👁 9 مشاهدة • 💬 0 تعليق
AR FR
El Mansouri devant le Parlement : un programme social ambitieux, mais une promesse MRE encore sans mode d’emploi

La scène était historique, mais la nouvelle cheffe du gouvernement a choisi de placer son intervention sur le terrain de l’action. Devant les députés et les conseillers réunis en séance commune, conformément à l’article 88 de la Constitution, Fatima Ezzahra El Mansouri a défini son programme comme un contrat politique et institutionnel fondé sur la confiance royale, le résultat des urnes et la responsabilité devant le Parlement.

Son gouvernement, soutenu par une coalition réunissant le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS, dispose de 207 sièges, au-dessus de la majorité absolue de 198. Cette assise parlementaire lui donne les moyens de solliciter la confiance, mais elle ne garantit pas l’exécution d’un programme particulièrement dense.

Sept priorités pour la législature

La déclaration gouvernementale articule l’action publique autour de sept orientations : consolider l’État de droit ; combattre la corruption et la rente ; préserver l’identité nationale et la cohésion sociale ; garantir une vie digne et renforcer l’État social ; intégrer les jeunes ; sécuriser les souverainetés stratégiques et le rayonnement international du Royaume ; enfin, construire une économie capable de financer ces ambitions.

Cette architecture révèle la méthode recherchée : relier la politique sociale à la capacité productive du pays. El Mansouri ne présente pas la redistribution et l’investissement comme deux choix opposés. Elle affirme vouloir améliorer le quotidien tout en renforçant l’industrie, l’économie numérique, l’intelligence artificielle, la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, ainsi que la régionalisation avancée.

La jeunesse traverse l’ensemble du programme. Éducation, formation professionnelle, participation politique, accès à l’emploi, entrepreneuriat et maintien des jeunes dans les territoires ruraux doivent constituer un axe transversal, plutôt qu’un chapitre isolé.

Les engagements sociaux les plus lisibles

Les annonces les plus concrètes concernent le revenu des ménages et la protection sociale. La cheffe du gouvernement s’engage à porter l’aide sociale directe de 500 à 1 000 dirhams à la fin de la législature, avec un ciblage davantage fondé sur le revenu réel des foyers.

Elle prévoit également de relever progressivement le minimum des principales pensions à 3 000 dirhams mensuels dans les différents régimes. Le programme annonce qu’une veuve pourrait percevoir 100 % de la pension principale de son époux décédé, contre 50 % actuellement, tout en maintenant les droits des orphelins et autres ayants droit.

S’y ajoutent l’extension de l’indemnisation pour perte d’emploi, une réforme progressive de l’impôt sur le revenu destinée à améliorer le salaire net, et un mécanisme social lié à la facture d’électricité pour les ménages éligibles. Ces annonces devront maintenant être traduites dans les lois de finances, les textes réglementaires et les budgets sectoriels.

Corruption : une promesse qui sera jugée sur les textes

El Mansouri a lié le rétablissement de la confiance à une lutte effective contre la corruption, la rente et les conflits d’intérêts. Elle a annoncé l’intention de compléter le système national d’intégrité, notamment par la criminalisation de l’enrichissement illicite, le renforcement de la déclaration obligatoire de patrimoine et la sanction des conflits d’intérêts.

La portée politique est forte. La difficulté sera juridique et institutionnelle : définition des infractions, garanties procédurales, contrôle indépendant et application à tous sans sélectivité. Sur ce terrain, la crédibilité ne se mesurera pas au vocabulaire de la déclaration, mais aux projets de loi déposés et aux décisions effectivement appliquées.

Que dit exactement le programme sur les MRE ?

La déclaration inclut explicitement le renforcement des liens avec les Marocains du monde, dans le volet consacré à l’identité, à la cohésion nationale et au rayonnement du Royaume. Cette mention confirme que la diaspora n’est pas absente du programme gouvernemental.

Mais, dans les comptes rendus officiels et institutionnels accessibles au soir du 19 octobre, cette orientation reste générale. Aucun objectif chiffré ou calendrier précis n’est encore publié concernant la représentation politique directe des MRE, le vote depuis les pays de résidence, l’évaluation de l’e-procuration, la modernisation consulaire, la protection des biens immobiliers ou la création d’un guichet réellement unifié pour les investisseurs et compétences de la diaspora.

Il serait donc prématuré d’affirmer que le gouvernement a présenté une politique MRE complète. Il a posé un principe : renforcer le lien. Il doit désormais préciser les instruments.

Les priorités économiques du programme peuvent néanmoins concerner directement la diaspora. L’industrialisation, l’intelligence artificielle, l’innovation, la transition énergétique et l’investissement territorial offrent des espaces naturels aux entrepreneurs, ingénieurs, chercheurs, médecins et cadres marocains établis à l’étranger. Encore faut-il prévoir des mécanismes d’accès, de retour temporaire, de transfert de compétences, de financement et de suivi administratif.

La lecture MMNEWS : une ouverture à transformer en contrat vérifiable

La déclaration d’El Mansouri affiche une ambition sociale identifiable et plusieurs engagements mesurables. Pour les MRE, le signal existe, mais la précision manque encore.

La prochaine étape devrait comporter un chapitre public propre aux Marocains du monde : objectifs annuels, administration responsable, budgets, indicateurs de résultats et rapport au Parlement. La transparence devrait également porter sur l’e-procuration utilisée lors des législatives, afin de connaître le nombre de procurations établies, le nombre de votes effectivement exercés et l’efficacité réelle du dispositif.

Renforcer le lien avec plus de cinq millions de Marocains établis à l’étranger ne peut se limiter à la culture, aux transferts financiers ou aux campagnes estivales. Cette relation concerne aussi la citoyenneté, la représentation, l’investissement, la science, les droits administratifs et la protection juridique.

Le programme gouvernemental vient d’ouvrir la porte. Le débat parlementaire devra maintenant dire si les MRE seront considérés comme un public à accompagner, ou comme des citoyens appelés à participer pleinement à la décision et au développement du Royaume.

 

هل أعجبك هذا المقال؟
حجم الخط 100%

↗ مقالات ذات صلة

💬 التعليقات (0)

💬

لا توجد تعليقات. كن أول من يعلق!

✏️ اكتب تعليقك

لن يُنشر
0/1000