سياسة مميز

Fatima Ezzahra El Mansouri nommée cheffe du gouvernement : une première historique, désormais à l’épreuve de la majorité

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a nommé, mardi 29 septembre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement et l’a chargée de former le nouvel exécutif. Première femme appelée à diriger le gouvernement marocain, la dirigeante du Parti authenticité et modernité (PAM) ouvre une séquence historique. Le symbole est puissant, mais la prochaine étape sera résolument politique : construire une majorité stable, négocier un programme commun et convaincre une Chambre des représentants fragmentée.

• • 3 دقيقة للقراءة • 👁 68 مشاهدة • 💬 0 تعليق
AR FR
Fatima Ezzahra El Mansouri nommée cheffe du gouvernement : une première historique, désormais à l’épreuve de la majorité

Le Maroc vient de franchir un seuil inédit dans son histoire institutionnelle. Reçue au Palais royal de Rabat, Fatima Ezzahra El Mansouri a été nommée cheffe du gouvernement par le Roi Mohammed VI, conformément à l’article 47 de la Constitution. Le Souverain l’a également chargée de former le nouveau gouvernement.

Le choix respecte la logique issue des urnes. Lors des élections législatives du 23 septembre, le PAM est arrivé en tête avec 97 sièges sur 395. Aucun parti ne disposant de la majorité absolue, fixée à 198 députés, la nomination ne clôt toutefois pas la transition : elle en ouvre la phase la plus délicate.

Une première féminine à forte portée politique

L’arrivée de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement constitue d’abord une rupture symbolique majeure. Pour la première fois, une femme prend la direction de l’exécutif marocain. Cette avancée élargit le champ des possibles pour les Marocaines dans la vie publique, tout en créant une attente immédiate : transformer la portée du symbole en résultats concrets.

Juriste de formation, ancienne ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, maire de Marrakech et figure centrale du PAM, El Mansouri dispose d’une expérience à la fois gouvernementale, locale et partisane. Sa nomination récompense donc autant une trajectoire politique qu’une victoire électorale.

Mais une première historique ne constitue pas, à elle seule, un programme. Son autorité se mesurera rapidement à sa capacité à arbitrer, à former une équipe cohérente et à répondre aux préoccupations quotidiennes : emploi, pouvoir d’achat, santé, éducation, logement et réduction des fractures territoriales.

Former une coalition : le premier test

Avec 97 sièges, le PAM doit trouver au moins 101 voix supplémentaires pour atteindre la majorité absolue. Sur le papier, une alliance réunissant le PAM, le Rassemblement national des indépendants — 66 sièges — et l’Istiqlal — 65 sièges — disposerait de 228 députés. Cette addition est arithmétiquement confortable, mais elle ne constitue pas encore un accord politique.

Les négociations devront trancher trois questions essentielles : quels partis entreront dans la majorité, quelle feuille de route les réunira et comment seront réparties les responsabilités ministérielles. El Mansouri a annoncé l’ouverture immédiate des consultations, d’abord au sein de son parti, puis avec les autres formations, afin de soumettre au Roi une proposition de composition gouvernementale.

La nuance institutionnelle est importante. La cheffe du gouvernement est désormais nommée, mais les membres du gouvernement ne le sont pas encore. Selon la Constitution, ils seront nommés par le Roi sur proposition de la cheffe du gouvernement. Le futur exécutif devra ensuite présenter son programme devant les deux Chambres et obtenir la confiance de la majorité de la Chambre des représentants.

Un signal observé au Maroc et à l’étranger

La presse internationale a surtout retenu la dimension historique de la nomination. Reuters, Le Monde et El País ont tous souligné qu’une femme allait diriger, pour la première fois, le gouvernement marocain. Cette lecture renforce l’image d’un Maroc en évolution, mais elle place aussi la nouvelle cheffe du gouvernement sous une exposition internationale immédiate.

Ses premiers arbitrages seront suivis au-delà des frontières, notamment en Europe, où vit une part importante de la diaspora marocaine. Pour les Marocains du monde, les enjeux sont très concrets : qualité des services consulaires, numérisation des démarches, mobilisation des compétences, investissement, transmission culturelle, mobilité et place politique des MRE.

La composition du futur gouvernement dira si ces sujets seront traités comme une politique transversale ou cantonnés à un portefeuille administratif. C’est sur ce terrain, autant que sur celui du symbole, que MMNEWS suivra la nouvelle étape.

Le moment historique ouvre maintenant le temps des résultats

La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri fait tomber un plafond politique. Elle donne au Maroc sa première cheffe du gouvernement et inscrit le scrutin du 23 septembre dans une séquence institutionnelle inédite.

Reste désormais à transformer l’événement en majorité, la majorité en programme et le programme en action publique. Les consultations, la composition de l’équipe ministérielle et le contenu de la déclaration gouvernementale seront les trois prochains indicateurs décisifs. L’histoire a été écrite au Palais royal ; sa traduction politique commence au Parlement et dans la vie quotidienne des citoyens.

هل أعجبك هذا المقال؟
حجم الخط 100%

↗ مقالات ذات صلة

💬 التعليقات (0)

💬

لا توجد تعليقات. كن أول من يعلق!

✏️ اكتب تعليقك

لن يُنشر
0/1000