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Lions de l’Atlas : la liste de Mohamed Ouahbi acte un changement de génération sans renier les cadres

Pour lancer les éliminatoires de la CAN 2027 contre le Gabon et le Lesotho, Mohamed Ouahbi a convoqué 29 joueurs. Derrière la continuité incarnée par Bounou, Hakimi, Aguerd, Mazraoui ou Brahim Díaz, la sélection assume une transition accélérée : un milieu rajeuni, des profils polyvalents et une attaque largement recomposée.

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Lions de l’Atlas : la liste de Mohamed Ouahbi acte un changement de génération sans renier les cadres

La première liste de Mohamed Ouahbi depuis le quart de finale du Mondial 2026 n’est pas une simple sélection de rentrée. Elle expose une méthode. Le sélectionneur conserve une ossature expérimentée, mais ne traite plus le passé comme un droit acquis. Autour des cadres apparaissent des joueurs qui doivent encore construire leur statut : Ayyoub Bouaddi, Samir El Mourabet, Soufiane El-Faouzi, Abdellah Ouazzane, Yassir Zabiri, Tawfik Bentayeb ou Yassine Gessime.

Le Maroc recevra le Gabon le 25 septembre au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, avant d’affronter le Lesotho le 29 septembre à Bloemfontein, en Afrique du Sud. Un match amical contre le Ghana, le 4 octobre à Tanger, prolongera ce rassemblement. Cette succession offre trois contextes différents : un premier adversaire capable de punir les déséquilibres, une équipe du Lesotho susceptible de défendre bas, puis un test sans points en jeu pour élargir les essais.

La liste complète des 29 joueurs

Gardiens : Yassine Bounou, Munir El Kajoui, Ahmed Reda Tagnaouti, Alaa Bellaarouch.

Défenseurs : Noussair Mazraoui, Anass Salah-Eddine, Marwane Saâdane, Nayef Aguerd, Redouane Halhal, Issa Diop, Abdelhamid Aït Boudlal, Achraf Hakimi, Zakaria El Ouahdi, Ali Maamar.

Milieux : Samir El Mourabet, Ayyoub Bouaddi, Neil El Aynaoui, Oussama Targhalline, Bilal El Khannouss, Soufiane El-Faouzi, Azzedine Ounahi, Ismael Saibari.

Attaquants : Brahim Díaz, Yassine Gessime, Abdessamad Ezzalzouli, Abdellah Ouazzane, Soufiane Rahimi, Tawfik Bentayeb, Yassir Zabiri.

Quatre gardiens, mais une hiérarchie encore lisible

La présence de quatre gardiens permet au staff de sécuriser un rassemblement de trois matches et d’observer plusieurs solutions. Yassine Bounou reste le repère naturel par son expérience internationale et sa maîtrise des rendez-vous à forte pression. Munir El Kajoui apporte une continuité connue, tandis que Tagnaouti et Bellaarouch représentent deux options à évaluer sur le moyen terme.

Le nombre ne signifie donc pas nécessairement que la place de numéro un est remise en cause. Il indique plutôt que le staff veut travailler la profondeur du poste. Le match amical contre le Ghana pourrait servir à redistribuer du temps de jeu, à condition que les deux premières rencontres permettent au Maroc d’aborder ce troisième rendez-vous sans urgence sportive.

Une défense construite autour de la polyvalence

Avec dix défenseurs, Ouahbi se donne plusieurs manières d’organiser sa ligne arrière. Hakimi, Mazraoui, El Ouahdi, Maamar et Salah-Eddine peuvent offrir de la largeur, entrer dans le milieu ou évoluer plus haut selon les phases. Cette abondance de latéraux correspond à une sélection qui veut attaquer en occupant toute la largeur, tout en gardant la possibilité de passer à une défense à trois.

Dans l’axe, Aguerd conserve un rôle central par son expérience et sa qualité de relance. Saâdane, Halhal, Issa Diop et Aït Boudlal composent un groupe aux profils et aux degrés d’expérience différents. Leur concurrence est importante : contre le Gabon, le Maroc devra défendre les transitions et les duels sans laisser ses latéraux exposer les centraux. Contre un bloc plus bas, le premier relanceur devra au contraire accélérer la circulation et casser une ligne par la passe.

La situation physique d’Achraf Hakimi devra être surveillée. Les informations publiées le 18 septembre évoquent une reprise par du travail individuel. Sa convocation témoigne de son importance, mais sa présence dans la liste ne garantit pas automatiquement qu’il pourra enchaîner trois rencontres. La richesse du poste donne au staff une marge de prudence.

Le milieu est devenu le cœur du renouvellement

La rupture la plus nette se situe au milieu. Sofyan Amrabat s’est déclaré indisponible tant que Mohamed Ouahbi dirigera la sélection, sans annoncer sa retraite internationale. Le sélectionneur a publiquement nié tout conflit personnel et expliqué que la question portait sur le temps de jeu et la concurrence. Il a surtout énoncé son principe : le mérite présent prime sur les services passés.

Cette position ouvre un nouveau cycle. Bouaddi, El Aynaoui et El Mourabet avaient déjà incarné le rajeunissement au Mondial. Bouaddi, notamment, s’est imposé par sa capacité à résister à la pression, sécuriser la première passe et couvrir de grands espaces. Targhalline offre un profil plus positionnel. Autour d’eux, Ounahi, El Khannouss, El-Faouzi et Saibari donnent au Maroc de la projection, de la créativité et de la présence entre les lignes.

Ouahbi peut ainsi varier entre un 4-3-3, avec une sentinelle et deux relayeurs, et un 4-2-3-1 permettant à Brahim Díaz ou El Khannouss d’évoluer derrière l’attaquant. La véritable question sera l’équilibre. Une accumulation de joueurs techniques ne suffit pas : face au Gabon, la sélection aura besoin d’un milieu capable de perdre proprement le ballon, de couper les contres et de protéger les montées d’Hakimi.

Saibari constitue la variable la plus intéressante. Utilisé dans un rôle axial plus offensif pendant le Mondial, il peut devenir un milieu qui attaque la surface, un numéro dix puissant ou même une solution de pointe. Sa polyvalence explique en partie pourquoi la liste peut se permettre de ne compter officiellement que sept attaquants.

Une attaque recomposée et une concurrence sans privilège

Le secteur offensif concentre les nouveautés. Brahim Díaz, Ezzalzouli et Rahimi représentent les repères. Autour d’eux, Ouazzane, Zabiri, Bentayeb et Gessime entrent dans une séquence où ils ne seront pas seulement invités à apprendre : ils devront offrir des solutions immédiates.

Zabiri arrive avec une dynamique de buteur remarquée. Ouazzane, encore très jeune, apporte créativité et capacité à jouer entre les lignes. Bentayeb peut occuper l’axe, tandis que Gessime élargit les options sur les côtés. Cette sélection privilégie la mobilité et la forme du moment plutôt qu’un avant-centre installé par réputation.

Les absences de Youssef En-Nesyri, Ayoub El Kaabi, Younes Ebnoutalib, Eliesse Ben Seghir, Amine Adli, Chemsdine Talbi, Amir Richardson et Amine Sbaï sont donc significatives. Toutes ne relèvent pas nécessairement du même motif : blessure, rythme en club, choix technique ou concurrence. En l’absence d’explication officielle individualisée, il serait imprudent de leur attribuer une cause unique. Elles confirment néanmoins que la liste n’est plus construite autour d’une hiérarchie figée.

Trois matches pour répondre à trois questions

Contre le Gabon, le premier enjeu sera la maîtrise des transitions. Le Maroc devrait avoir le ballon, mais devra éviter que son ambition offensive ne crée de grands espaces. Un double pivot ou un relayeur discipliné pourrait sécuriser les montées des latéraux. La présence de joueurs rapides et puissants chez l’adversaire rendra la gestion des pertes essentielle.

Face au Lesotho, la problématique pourrait être inverse : déplacer un bloc compact, créer des décalages et attaquer une surface encombrée. Les combinaisons entre Brahim, El Khannouss, Ezzalzouli et les latéraux seront alors déterminantes. Le Maroc devra produire de la largeur sans devenir prévisible, et conserver une menace dans l’axe.

Le Ghana offrira enfin un laboratoire. Ouahbi pourra tester une charnière moins expérimentée, modifier l’animation du milieu ou donner davantage de responsabilités aux nouveaux attaquants. Ce match ne devra pourtant pas devenir une simple revue d’effectif : à moins de deux ans de la CAN 2027, chaque fenêtre internationale doit contribuer à fixer des associations.

Une sélection qui reflète le réservoir mondial du football marocain

Cette liste raconte aussi la profondeur de la diaspora footballistique marocaine. Plusieurs joueurs ont grandi ou ont été formés en Europe avant de choisir les Lions de l’Atlas. Le recrutement de ces profils ne relève plus d’une opération ponctuelle : il s’inscrit dans une stratégie fédérale qui rapproche les sélections de jeunes, le suivi international et l’équipe A.

Le bénéfice est visible dans la concurrence. Le risque existe également : accumuler les talents sans stabiliser les rôles. Ouahbi devra faire comprendre à chacun ce qu’il attend, tout en entretenant l’idée que la porte reste ouverte. Son message sur Amrabat est exigeant, mais cohérent : le passé mérite le respect, pas une place automatique.

Cette liste n’est donc ni une révolution totale ni une reconduction prudente. Elle organise le passage de relais. Le Maroc conserve des leaders capables d’encadrer le groupe, mais déplace progressivement son centre de gravité vers Bouaddi, Saibari, El Aynaoui, El Khannouss et une nouvelle génération offensive. Les matches contre le Gabon et le Lesotho diront si cette transition peut produire immédiatement des points, sans attendre que les jeunes deviennent des cadres.

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