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Maroc U20 : un point, aucun but et déjà l’obligation de réagir

Champion du monde U20 en titre, le Maroc a commencé les éliminatoires nord-africaines de la CAN 2027 par un nul sans relief contre la Tunisie. Ce 0-0 ne compromet pas encore la qualification, mais il place les Lionceaux sous pression avant l’Algérie, l’Égypte et la Libye. Le débat sur Ludovic Batelli est légitime ; le condamner après un seul match de qualification le serait moins. La vraie question porte sur le projet de jeu et sur la place accordée aux cadres marocains, notamment aux anciens internationaux issus de la diaspora.

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Maroc U20 : un point, aucun but et déjà l’obligation de réagir

Un point, aucun but et trois rencontres à jouer. Voilà, sans dramatisation ni indulgence, la situation du Maroc dans le tournoi de l’Union nord-africaine de football qualificatif pour la CAN U20 2027.

Exemptés lors de la première journée, les Lionceaux ont débuté le 27 septembre par un 0-0 contre la Tunisie au stade du Canal de Suez, en Égypte. Selon la CAF, le Maroc occupait après cette rencontre la quatrième place avec un point, mais avec un match de moins que l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Les deux premières places ouvrent les portes de la phase finale au Ghana.

Le résultat est décevant au regard des ambitions marocaines. Il n’est pas encore catastrophique. Le Maroc garde son destin entre ses pieds, à condition de produire tout autre chose contre l’Algérie, puis face à l’Égypte et à la Libye.

Champion du monde, oui — mais pas avec exactement la même équipe

Le contraste frappe immédiatement : comment le champion du monde U20 en titre peut-il apparaître aussi hésitant quelques mois plus tard ? La question est légitime, mais elle nécessite une précision.

Le titre mondial appartient au football marocain et place chaque nouvelle génération devant une exigence élevée. L’équipe engagée dans le tournoi UNAF n’est toutefois pas la reproduction de celle sacrée au Mondial. Plusieurs champions ont changé de catégorie ou ont rejoint des niveaux supérieurs. Mohamed Ouahbi, architecte du titre, a lui-même été promu à la tête de l’équipe nationale A. Ludovic Batelli conduit donc un nouveau cycle, avec de nouveaux équilibres et des automatismes encore fragiles.

Cette transition explique une partie des difficultés. Elle ne peut pas tout excuser. Une fédération devenue une référence continentale doit précisément être capable de transmettre une identité de jeu d’une génération à l’autre.

Batelli : des raisons de s’inquiéter, pas encore un verdict définitif

Le sélectionneur français se trouve logiquement exposé. Son équipe a été battue par la Tunisie aux Jeux méditerranéens avant de concéder un nouveau match sans but contre le même adversaire. Face à l’Algérie, à Tarente, elle n’avait pas su faire la différence en demi-finale avant de céder aux tirs au but. Ces matches révèlent une difficulté contre les blocs nord-africains organisés : circulation parfois lente, création limitée dans les zones centrales et dépendance aux initiatives individuelles.

Mais présenter dès maintenant Batelli comme un entraîneur sans références serait inexact. Il a conduit la France au titre européen U19 en 2016. Son premier tournoi avec le Maroc s’est conclu par une médaille de bronze et une victoire 4-1 contre l’Italie. Le dossier doit donc être évalué sur des éléments précis : progression collective, choix de joueurs, qualité de l’animation offensive, capacité d’adaptation et, au bout du tournoi, qualification ou élimination.

Le match contre l’Algérie représente à cet égard un premier examen sérieux. Une victoire replacerait immédiatement le Maroc dans la course. Un nouveau nul réduirait sa marge avant le choc contre l’Égypte. Une défaite ferait de la qualification une opération à très haut risque.

Le débat sur les cadres marocains ne doit pas être esquivé

La succession de Mohamed Ouahbi pose une question plus large que la nationalité d’un entraîneur : quelle filière le Maroc construit-il pour ses futurs techniciens ?

Le pays dispose d’anciens internationaux formés dans les championnats européens, familiers des académies françaises, belges, néerlandaises, espagnoles ou allemandes. Une partie de ces anciens MRE connaît à la fois les exigences du haut niveau européen, la culture du football marocain et les réalités humaines du recrutement binational. Ce capital reste insuffisamment structuré.

Donner davantage de responsabilités à ces profils serait cohérent, à condition de ne pas remplacer un automatisme par un autre. Un passeport marocain ou une grande carrière de joueur ne suffit pas à faire un bon formateur. Les critères doivent rester exigeants : diplômes, expérience auprès des jeunes, pédagogie, maîtrise tactique, connaissance du vivier local et capacité à travailler avec les familles et les clubs étrangers.

La priorité pourrait prendre plusieurs formes : intégrer d’anciens internationaux MRE dans les staffs, leur confier des sélections intermédiaires, développer un parcours fédéral d’entraîneur, renforcer le réseau de détection en Europe et organiser un véritable passage de relais entre les générations. L’enjeu n’est pas de fermer la porte aux compétences étrangères. Il est d’empêcher que les compétences marocaines restent durablement cantonnées aux rôles secondaires.

Le prochain match dira si le nul était un avertissement ou le début d’une crise

Le 0-0 contre la Tunisie a surtout montré une attaque en panne et des repères encore insuffisants. À ce stade, parler d’échec définitif serait excessif. Ignorer les alertes le serait tout autant.

Le Maroc ne peut pas se satisfaire d’une réputation héritée du titre mondial. Le statut de champion oblige à reconstruire plus vite, à mieux anticiper le renouvellement des générations et à imposer une continuité méthodologique. Ludovic Batelli doit maintenant démontrer qu’il peut donner une identité à ce groupe. La Fédération, elle, doit expliquer comment elle prépare les entraîneurs marocains appelés à prendre un jour la relève.

Le tournoi ne fait que commencer pour les Lionceaux. Mais, dans un format où seules deux équipes se qualifient, le temps des réglages est déjà presque terminé.

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