Le Maroc a réussi l’essentiel et davantage encore : gagner, ne pas encaisser et ouvrir un nouveau cycle par trois points. Vendredi soir à Rabat, les Lions de l’Atlas ont dominé le Gabon 2-0 grâce à Noussair Mazraoui, buteur à la 36e minute, puis Soufiane Rahimi, entré en cours de jeu et décisif à la 84e.
Pour la première rencontre officielle de Mohamed Ouahbi avec l’équipe A depuis le Mondial 2026, le résultat valide une orientation ambitieuse. Le sélectionneur a confié des responsabilités immédiates à plusieurs jeunes et aligné d’entrée Yassir Zabiri, Yassine Gessime et Ali Maamar, dans une équipe privée notamment d’Achraf Hakimi et d’Ismaël Saibari, suspendus.
Mazraoui libère un Maroc dominateur
Dès le coup d’envoi, le Maroc a pris le contrôle du ballon et installé le Gabon dans une séquence défensive prolongée. Azzedine Ounahi a donné le ton par sa mobilité et ses prises d’initiative. Sa frappe sur la barre transversale à la 27e minute a annoncé l’ouverture du score.
Elle est venue neuf minutes plus tard. Mazraoui a progressé dans la zone intérieure avant de déclencher une frappe puissante de l’extérieur de la surface. Le geste a récompensé la domination territoriale marocaine et, surtout, apporté une réponse au vide laissé par Hakimi : sans reproduire le profil du capitaine, Mazraoui a assumé une part de l’animation et trouvé le but au moment où le Gabon résistait encore.
Avant la pause, le Maroc aurait pu faire le break. Un centre d’Abdessamad Ezzalzouli a trouvé Neil El Aynaoui, sans que l’action soit convertie. Cette difficulté à transformer les occasions deviendra le principal reproche adressé à la prestation.
Bounou protège l’avance pendant le temps faible
Le second acte a été moins linéaire. Le Maroc a continué de créer du danger, notamment sur une tentative de Nayef Aguerd repoussée par Jean-Noël Amonome. Mais les Lions ont aussi perdu en intensité et laissé davantage d’espace aux Panthères.
Yassine Bounou a alors rappelé son importance. Le gardien marocain a réalisé deux interventions déterminantes face aux offensives gabonaises, notamment aux 57e et 77e minutes selon le compte rendu de la rencontre. Ces arrêts ont empêché le scénario de basculer pendant la période la moins maîtrisée du Maroc.
Cette séquence constitue le principal avertissement de la soirée. Avec un seul but d’avance, quelques minutes de relâchement suffisent pour remettre un adversaire dans le match. Mohamed Ouahbi l’a reconnu après la rencontre, évoquant un moment où son équipe s’était « un peu endormie » et avait concédé deux occasions.
Rahimi, l’impact immédiat du banc
Le deuxième but a finalement confirmé la supériorité marocaine. À la 84e minute, Bilal El Khannouss a délivré un centre précis à Soufiane Rahimi, dont la finition a scellé la victoire.
Le but raconte aussi la profondeur de l’effectif. Rahimi n’avait pas commencé la rencontre, Yassir Zabiri ayant été préféré en pointe. Son entrée a cependant offert une menace différente, plus expérimentée et plus directe. Dans une campagne courte où l’enchaînement des matchs pèse sur les organismes, la capacité du banc à décider d’une rencontre pourrait devenir l’un des principaux atouts du Maroc.
Une jeunesse responsabilisée, sans révolution brutale
Le onze de départ réunissait Yassine Bounou, Noussair Mazraoui, Nayef Aguerd, Issa Diop, Ali Maamar, Ayyoub Bouaddi, Neil El Aynaoui, Azzedine Ounahi, Yassine Gessime, Abdessamad Ezzalzouli et Yassir Zabiri.
Ce choix confirme la méthode de Ouahbi : intégrer les jeunes dans une structure encadrée par des joueurs expérimentés. Bouaddi et El Aynaoui ont offert de la disponibilité au milieu, tandis que Zabiri et Gessime ont été confrontés d’emblée aux exigences d’un match officiel. La prestation n’a pas tout résolu, mais elle a permis d’élargir la base compétitive de la sélection.
Le sélectionneur a défendu le contenu en conférence de presse. Il estime que le Maroc a gagné de la manière recherchée et contrôlé l’essentiel de la rencontre, tout en admettant la nécessité de progresser et d’imposer son jeu plus constamment. El Aynaoui a livré une lecture proche : soirée positive, nombreuses occasions créées, mais obligation d’être plus tranchant devant le but.
Le public marocain : satisfait, mais devenu très exigeant
Dans les tribunes, le deuxième but de Rahimi a libéré un public qui avait vu le Gabon menacer l’avance marocaine. Sur les espaces de discussion et réseaux sociaux consultables après la rencontre, la satisfaction domine autour de trois éléments : la victoire, le « clean sheet » de Bounou et l’intégration des jeunes.
Mazraoui est largement salué pour son but et sa capacité à prendre des responsabilités en l’absence de Hakimi. Bounou et Aguerd recueillent également des appréciations favorables pour avoir sécurisé l’équipe lorsque le Gabon a trouvé des espaces. L’entrée décisive de Rahimi est, elle, perçue comme la confirmation qu’il reste une solution fiable dans les matchs fermés.
Mais la victoire n’a pas fait disparaître les critiques. Une partie du public juge le score moins confortable que ne l’aurait permis le volume d’occasions. Les pertes de rythme du second acte et les deux situations gabonaises repoussées par Bounou nourrissent aussi un message récurrent : face à une sélection plus efficace, ces absences pourraient coûter cher.
Il ne s’agit pas d’un sondage représentatif, mais d’une lecture qualitative des réactions publiques visibles après le match. Elle révèle surtout une évolution des attentes. Le public marocain ne se contente plus du résultat face à un adversaire inférieur sur le papier ; il attend une maîtrise continue, davantage de buts et une identité de jeu immédiatement lisible.
Un succès utile, pas un aboutissement
Avec trois points et une différence de buts positive, le Maroc commence idéalement sa campagne. Il rejoint le Niger, vainqueur du Lesotho 2-1, parmi les équipes victorieuses du groupe A. Le prochain rendez-vous aura lieu mardi 29 septembre face au Lesotho, à Bloemfontein en Afrique du Sud.
La victoire contre le Gabon offre à Ouahbi du temps et de la crédibilité. Elle montre aussi les deux visages d’une équipe en construction : une sélection capable d’imposer une forte domination et de faire entrer des joueurs décisifs, mais encore trop permissive lorsqu’elle baisse d’intensité.
Le 2-0 est donc un bon départ. Pas encore une démonstration. Pour les Lions de l’Atlas, la suite du travail tient en trois mots : continuité, efficacité, vigilance.
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