Un transfert familial, une participation dans une entreprise et un placement financier correspondent à trois décisions différentes. Pour comprendre la contribution économique des Marocains de l’étranger, cette distinction est essentielle. Le rapport de l’AMMC sur l’investissement étranger en instruments financiers en 2025, publié le 4 novembre 2026, apporte un éclairage sur le troisième volet.
Son périmètre inclut les MRE pour certaines opérations financées en devises ou selon des modalités assimilées. Dans les placements en OPCVM recensés comme investissement étranger, les MRE représentent 49 % des montants détenus par les personnes physiques. Ce pourcentage ne désigne ni leur part dans tous les fonds marocains ni leur poids dans l’ensemble de l’investissement étranger.
Cette précision change la lecture du document. Elle montre que la question de la diaspora concerne aussi l’accès aux produits d’épargne, la compréhension des frais et la qualité de l’information délivrée aux clients vivant à distance.
Une hausse de portefeuille n’est pas une arrivée équivalente d’argent neuf
Les chiffres globaux appellent une autre précaution. Les actions cotées détenues dans le périmètre de l’investissement étranger atteignent 220 milliards de dirhams à fin 2025, en progression de 21,2 %. La hausse des cours explique largement cette évolution. Il serait donc incorrect de présenter cette augmentation comme un montant équivalent de nouveaux capitaux injectés dans l’économie.
Pour un épargnant, la distinction est concrète : la valeur d’un portefeuille peut augmenter sans versement supplémentaire, puis diminuer si le marché se retourne. Une performance passée ne suffit pas à justifier une décision de placement.
L’enjeu : rendre l’offre compréhensible depuis l’étranger
Pour un MRE, la bonne question commence par l’usage prévu de son argent. Une somme destinée à financer prochainement un logement ou un retour professionnel ne répond pas aux mêmes contraintes qu’une épargne de long terme.
Avant de souscrire, il convient de faire préciser les risques, les frais, les conditions de retrait et la monnaie dans laquelle seront appréciés les résultats. La fiscalité et les modalités de transfert doivent être examinées selon la situation personnelle et le pays de résidence.
Sur le plan public, ce rapport ouvre une piste de travail : mesurer plus finement les comportements financiers de la diaspora. Quels produits choisit-elle ? Quels obstacles rencontre-t-elle ? Quels services permettent réellement une gestion à distance ?
Reconnaître les MRE comme investisseurs suppose de leur proposer une information vérifiable et un accompagnement adapté. La mobilisation de leur épargne se construit par la confiance, pas par la seule célébration des montants.
💬 التعليقات (0)
لا توجد تعليقات. كن أول من يعلق!
✏️ اكتب تعليقك