Revenir au Maroc peut répondre à un projet familial, à une ambition professionnelle ou au souhait de créer une activité. Dans tous les cas, la décision gagne à être confrontée aux conditions concrètes du marché.
Selon la publication du HCP du 3 novembre, le chômage strict atteint 10,5 % au troisième trimestre 2026, en hausse de 0,9 point sur le trimestre. L’emploi contre revenu diminue de 173 000 personnes. Le taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre s’établit à 19,6 %.
Comprendre le changement de mesure
Ces résultats proviennent de la nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre. Le HCP indique qu’ils ne sont pas directement comparables à ceux de l’ancienne Enquête nationale sur l’emploi. Les variations trimestrielles peuvent aussi comporter des effets saisonniers : elles ne démontrent pas, à elles seules, une dégradation structurelle.
La prudence vaut également pour la lecture sectorielle. Le rapport relève une progression nette dans l’industrie, alors que d’autres secteurs reculent. Une hausse sectorielle ne constitue toutefois pas un inventaire des offres disponibles, encore moins une garantie d’embauche pour un profil donné.
Transformer une intention de retour en projet professionnel
Pour un salarié établi à l’étranger, la première étape consiste à tester son positionnement avant de déménager. Quels employeurs recherchent son expérience ? À quel niveau de responsabilité ? Avec quelle rémunération et dans quelle ville ?
Il est recommandé de comparer des propositions précises, en tenant compte du revenu disponible après logement, transport et dépenses familiales. La protection sociale, la scolarisation des enfants et, lorsque le métier l’exige, la reconnaissance des qualifications doivent également être examinées.
L’expérience internationale peut constituer un atout. Sa valeur dépend cependant de la capacité à la traduire en résultats attendus par un employeur : développer un marché, améliorer un processus, encadrer une équipe ou apporter une compétence recherchée.
Entreprendre demande une autre préparation
Pour un retour entrepreneurial, le chiffre national du chômage ne suffit pas à démontrer l’existence d’une clientèle ou la disponibilité des compétences nécessaires. Une étude de marché, des échanges avec des clients potentiels et un budget de trésorerie restent indispensables.
La question publique dépasse ainsi l’incitation au retour. Comment permettre aux compétences de la diaspora d’identifier des opportunités vérifiables et des interlocuteurs responsables ? Quels résultats mesurer après leur installation ?
Les données du HCP invitent à préparer un retour séquencé : prospecter, comparer, sécuriser autant que possible ses premières ressources, puis organiser l’installation. Le lien avec le pays donne du sens au projet ; sa viabilité exige une préparation professionnelle.
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