Le montant franchit les cent milliards de dirhams avant la fin de l’année. Selon les données provisoires de l’Office des Changes, les transferts des MRE atteignent 103,056 milliards de dirhams de janvier à septembre 2026, contre 92,627 milliards un an auparavant. La progression est de 11,3 %, soit 10,429 milliards supplémentaires.
Ces chiffres portent sur neuf mois cumulés, et non sur septembre seul ou sur l’ensemble de 2026. Au 5 novembre, le bulletin de septembre est la dernière livraison mensuelle identifiée ; le calendrier officiel prévoit les données d’octobre pour le 30 novembre.
Une contribution privée aux effets collectifs
Les transferts peuvent contribuer au budget des ménages, à leur épargne ou à leurs projets. Le montant global publié ne permet toutefois pas de répartir précisément ces usages, ni de conclure que chaque expéditeur a augmenté ses envois.
Il faut également distinguer leur effet économique de leur destination juridique. Les transferts des MRE ne sont pas, en eux-mêmes, des recettes fiscales de l’État. Ils ne peuvent donc pas être présentés comme une enveloppe budgétaire directement disponible pour financer une mesure gouvernementale.
Leur contribution aux ressources extérieures du pays et à l’activité peut être importante sans qu’ils deviennent des fonds publics. Cette distinction évite d’attribuer aux chiffres une signification qu’ils n’ont pas.
Ce que la hausse ne permet pas encore d’expliquer
Le bulletin établit une progression en dirhams. Il ne suffit pas à identifier le rôle respectif du nombre d’expéditeurs, de leurs revenus, des taux de change ou de leurs décisions d’épargne. Déduire de cette seule hausse un enrichissement général de la diaspora serait excessif.
Pour les familles, l’enjeu quotidien reste le montant effectivement reçu. Comparer un service de transfert suppose d’examiner les frais, le taux de conversion appliqué, le délai et les conditions de remise, plutôt que la seule commission affichée.
Faire de la reconnaissance un service mesurable
La portée politique des chiffres réside dans les questions qu’ils permettent de poser. Les démarches des MRE sont-elles suffisamment accessibles à distance ? Leurs réclamations trouvent-elles une réponse ? Les parcours d’investissement sont-ils compréhensibles et suivis ?
Ces interrogations n’impliquent pas que les droits des citoyens dépendent de leur contribution financière. Elles invitent à évaluer concrètement la qualité de la relation entre les institutions et la diaspora.
Le prochain bilan devra préciser si la progression se poursuit. Dès maintenant, le débat peut dépasser la célébration du montant : reconnaître les MRE, c’est aussi mesurer la qualité des services qui leur sont rendus.
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