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Gouvernement El Mansouri : entre rupture historique et continuité stratégique, la lecture de la presse internationale

Nommé le 16 octobre par le roi Mohammed VI, le gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri ouvre une séquence historique pour le Maroc. Mais derrière le symbole de la première femme appelée à conduire l’exécutif, les médias internationaux retiennent surtout une architecture associant stabilité des ministères stratégiques, renouvellement économique et volonté affichée de répondre aux attentes sociales.

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Gouvernement El Mansouri : entre rupture historique et continuité stratégique, la lecture de la presse internationale

La première vague d’articles publiée à l’étranger converge sur un constat : la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri constitue une rupture symbolique majeure, mais la composition de son gouvernement traduit davantage une évolution maîtrisée qu’un changement de cap institutionnel.

Le nouvel exécutif compte 32 membres, en incluant la cheffe du gouvernement et onze ministres délégués. Il repose sur une coalition réunissant le Parti authenticité et modernité, l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires et le Parti du progrès et du socialisme. Ces formations disposent ensemble de 207 sièges à la Chambre des représentants, soit une majorité supérieure au seuil requis de 198 députés.

Reuters voit une continuité dans les choix stratégiques

L’agence Reuters place la nomination de Fouzi Lekjaa au ministère de l’Économie, des Finances et de la Performance publique au centre de sa lecture. Ancien ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, il apparaît dans la presse internationale comme l’un des hommes forts du nouveau dispositif.

Sa promotion est interprétée comme le choix d’un responsable expérimenté, situé à l’intersection de la gestion budgétaire, des grands projets d’infrastructure et des préparatifs de la Coupe du monde 2030.

Reuters souligne parallèlement le maintien des titulaires des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Justice, de la Défense, de l’Équipement, de l’Industrie et du Transport. Pour l’agence, cette stabilité indique que les principales orientations diplomatiques, sécuritaires et économiques du Royaume devraient être préservées.

En Espagne, le regard se porte sur Lekjaa et les ministères de souveraineté

La presse espagnole insiste également sur cette combinaison entre renouvellement et continuité. El País met en avant l’arrivée de Fouzi Lekjaa aux Finances, tout en observant que les responsables des portefeuilles stratégiques demeurent en fonction.

Cette lecture est naturellement influencée par les dossiers qui structurent les relations entre Rabat et Madrid : coopération économique, préparation conjointe du Mondial 2030, migrations, relations avec l’Union européenne et question du Sahara.

Europa Press présente ainsi le gouvernement El Mansouri comme le produit d’un accord entre quatre formations politiques, tout en accordant une attention particulière à la reconduction d’Abdelouafi Laftit à l’Intérieur, de Nasser Bourita aux Affaires étrangères et d’Abdellatif Ouahbi à la Justice.

Les médias arabes privilégient le symbole historique

Dans le monde arabe, Al Jazeera et plusieurs médias régionaux placent au premier plan l’arrivée, pour la première fois dans l’histoire du Maroc, d’une femme à la tête du gouvernement.

Cette dimension est présentée comme un marqueur de transformation politique dans le Royaume et, plus largement, comme un événement significatif dans le paysage institutionnel arabe. La couverture arabe relève également la présence de sept femmes dans l’ensemble de l’équipe, en comptant la cheffe du gouvernement et les ministres déléguées.

La chaîne allemande Deutsche Welle, dans son édition arabe, résume pour sa part la nouvelle équipe par une formule qui revient dans plusieurs titres étrangers : « continuité et renouvellement ». Elle observe le maintien de treize membres issus de la précédente configuration gouvernementale, parallèlement au retour de responsables politiques expérimentés et à l’entrée de nouveaux profils.

L’intelligence artificielle, signal politique scruté à l’étranger

La création d’un ministère de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration, confié à Ahmed Rahhou, est l’une des principales nouveautés relevées par les publications internationales.

Au-delà de son intitulé, ce portefeuille envoie un message : le numérique, l’intelligence artificielle et la modernisation des services publics sont désormais regroupés au sein d’une responsabilité ministérielle de plein exercice.

Cette décision pourrait devenir l’un des éléments les plus visibles du gouvernement auprès des investisseurs, des entreprises technologiques et des compétences marocaines établies à l’étranger. Son véritable poids dépendra toutefois des moyens budgétaires, des compétences réglementaires et du programme qui lui seront attribués.

Un gouvernement attendu sur le terrain social

La presse internationale ne réduit pas la nouvelle équipe à sa portée historique. Reuters, The National, Deutsche Welle et les médias espagnols rappellent que le gouvernement devra répondre à des préoccupations sociales immédiates : emploi des jeunes, qualité de l’école, accès aux soins, protection sociale et réduction des inégalités territoriales.

Le retour de Nabil Benabdallah au gouvernement, cette fois à l’Éducation nationale, ainsi que la nomination de Youns Bjijou à la Santé sont ainsi examinés à la lumière de ces attentes.

La principale question posée à l’étranger peut être résumée simplement : le symbole El Mansouri pourra-t-il être transformé en résultats mesurables dans la vie quotidienne des Marocains ?

Le dossier des MRE reste peu présent dans les premières analyses

Pour les Marocains du monde, la continuité est incarnée par le maintien de Nasser Bourita à la tête du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

Pourtant, dans les premiers articles internationaux consacrés au nouveau gouvernement, les politiques destinées aux MRE restent pratiquement absentes. La couverture se concentre sur le Mondial 2030, les équilibres institutionnels, les enjeux sociaux et les relations avec l’Espagne.

Les questions de représentation politique des MRE, d’investissement de la diaspora, de mobilité, de transmission culturelle ou de simplification administrative devront donc être recherchées dans le programme gouvernemental qui sera présenté au Parlement. À ce stade, la composition du cabinet ne permet pas, à elle seule, de mesurer la place que le nouvel exécutif réservera aux plus de cinq millions de Marocains établis à l’étranger.

Une première lecture encore provisoire

À peine installé, le gouvernement El Mansouri est déjà soumis à une double lecture internationale. La première célèbre une avancée historique pour la représentation des femmes. La seconde décrit un exécutif de continuité, dans lequel les portefeuilles stratégiques demeurent stables tandis que les secteurs économiques, sociaux et technologiques connaissent les principaux changements.

Le verdict de la presse étrangère reste donc suspendu au programme gouvernemental, aux premières décisions budgétaires et aux résultats obtenus. Pour l’instant, l’image dominante est celle d’un Maroc qui choisit un symbole politique fort sans rompre avec ses grands équilibres institutionnels et diplomatiques.

 

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