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Hajar El Haddaoui, l’ambition de faire grandir les autres

Du Canada à la Suisse, des télécommunications à la coopération numérique internationale, Hajar El Haddaoui a construit son parcours en apprenant à changer d’échelle. Cette dirigeante d’origine marocaine défend une conviction qui donne à sa trajectoire sa cohérence : le progrès technologique vaut par les possibilités qu’il ouvre aux personnes.

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Hajar El Haddaoui, l’ambition de faire grandir les autres

Avant les responsabilités internationales, il y a eu un déplacement, une langue à apprendre et une carrière à reconstruire. Dans un entretien publié par Swisscom en mai 2020, Hajar El Haddaoui revient sur son arrivée de Montréal à Zurich, dix ans auparavant. Sans connaissance de l’allemand, trouver un poste correspondant à ses ambitions se révèle difficile. Elle accepte alors de reculer professionnellement pour reprendre pied dans un nouvel environnement. Elle deviendra responsable de la région Ouest chez l’opérateur suisse.

Cet épisode donne au portrait une profondeur que les intitulés de fonction ne racontent pas. Il rappelle une expérience familière à de nombreux Marocains du monde : franchir une frontière oblige parfois à refaire la démonstration de compétences déjà acquises. La reconnaissance ne voyage pas toujours avec le diplôme ou l’expérience.

Chez Hajar El Haddaoui, cette étape devient le point de départ d’une progression. Apprendre les codes du pays d’accueil, accepter une transition, puis saisir de nouvelles responsabilités : sa trajectoire montre combien une carrière internationale se construit aussi dans ces moments moins visibles.

Des racines marocaines, une expérience des autres

Fille d’un père diplomate et d’une mère enseignante, Hajar El Haddaoui grandit au contact de plusieurs cultures. Sa biographie publiée par L’effet A confirme ses origines marocaines et son établissement en Suisse. Elle y présente la collaboration et l’inclusion comme des éléments structurants de sa manière de diriger.

Ce bagage éclaire le fil conducteur de son parcours. Dans une organisation internationale, la compétence technique ne suffit pas à rapprocher des équipes qui n’ont ni les mêmes habitudes ni les mêmes références. Il faut traduire les attentes, comprendre les résistances et créer des conditions de travail communes.

C’est précisément à cet endroit que l’expérience de la mobilité peut devenir une ressource professionnelle. Avoir dû s’adapter permet de mieux percevoir ce que l’on demande aux autres lorsqu’une entreprise change de méthode, de marché ou d’outil.

La responsabilité du terrain avant la scène internationale

Après un début de carrière chez Bell Canada, son parcours se poursuit chez Swisscom, puis chez NTT en Suisse en 2022, comme le retrace le Career Women’s Forum. La presse professionnelle suisse précise qu’elle rejoint NTT comme directrice des ventes et membre de la direction suisse, après avoir exercé des responsabilités de service et de vente chez Swisscom.

Cette expérience commerciale compte dans la compréhension de son profil. Transformer une organisation exige de relier une stratégie à des usages, à des clients et à des équipes. Une solution peut être performante sur le papier et rester peu utilisée si ceux qui doivent l’adopter n’en comprennent pas l’intérêt.

Dans les métiers du numérique, ce travail de liaison demeure essentiel. Il demande de savoir écouter autant que convaincre, de rendre les objectifs lisibles et d’accompagner l’apprentissage. La technologie entre dans l’entreprise par des décisions ; elle s’installe durablement par le travail des personnes.

Donner une place réelle aux femmes

Hajar El Haddaoui associe cette approche à un engagement pour la progression des femmes. Dans ses interventions auprès de Swiss Leaders, elle insiste sur le mentorat, le développement des talents et l’attention portée aux biais qui peuvent freiner l’accès aux responsabilités.

Un entretien accordé à L’effet A apporte un éclairage plus personnel. Elle y raconte avoir été interrogée, lors d’un recrutement pour un poste important, sur la manière dont elle signerait ses courriels, son nom étant présenté comme une difficulté potentielle. Elle y défend aussi une ambition qui doit permettre à d’autres de progresser.

Pour une lectrice de la diaspora, ce témoignage touche un point précis : comment faire reconnaître sa valeur sans laisser les préjugés définir le périmètre de ses ambitions ? L’intérêt de son parcours est de donner corps à cette question. Il permet de parler de la réussite avec ses conditions concrètes : l’apprentissage, l’accès aux occasions professionnelles et la capacité des organisations à reconnaître des profils différents.

Du numérique d’entreprise à la coopération entre institutions

Son parcours prend ensuite une dimension multilatérale. Le 12 juin 2025, l’Organisation internationale du travail la présente comme directrice générale de la Digital Cooperation Organization, à l’occasion d’un accord entre les deux institutions. Le partenariat porte notamment sur les compétences numériques, l’inclusion et les transformations du travail.

Le changement d’échelle est significatif. Dans l’entreprise, la transformation se mesure à l’adoption d’un service ou à l’évolution d’une activité. Dans la coopération internationale, elle engage aussi la formation, les politiques publiques et la répartition des possibilités économiques.

La question devient alors collective : comment permettre à davantage de personnes de participer à une économie dont les outils évoluent rapidement ? Pour les pays africains, cet enjeu concerne autant la préparation des talents que la capacité à développer des usages répondant aux besoins locaux.

Un lien documenté avec le Maroc

Ce parcours international croise également les priorités marocaines. Le ministère de la Transition numérique documente une rencontre avec Hajar El Haddaoui, alors présentée comme directrice générale de la DCO, le 15 avril 2025, en marge de GITEX Africa.

Cette trace institutionnelle permet de situer son lien avec le Royaume au-delà de ses origines. Elle ne suffit pas à lui attribuer la réalisation d’un programme particulier, mais elle atteste d’un dialogue avec l’écosystème public marocain.

Pour MMNEWS, son itinéraire ouvre ainsi une réflexion sur la place des compétences de la diaspora. Leur contribution peut prendre la forme d’un investissement, mais aussi d’une méthode de management, d’un partenariat, d’un partage d’expérience ou d’un accès à des réseaux professionnels.

Où se situe-t-elle aujourd’hui ?

Le site de Swiss Leaders la mentionne actuellement parmi les membres de son comité national. Une présentation publiée pour Experia en octobre 2026 indique qu’elle conduit la transformation numérique mondiale chez Stadler AG et décrit la direction générale de la DCO comme une fonction antérieure. Cette dernière évolution est donnée ici selon la biographie de l’organisateur, faute de confirmation directe de Stadler dans les sources consultées.

Au-delà du poste occupé, une continuité se dégage : apprendre, relier des univers et permettre à des équipes d’avancer. Hajar El Haddaoui donne un visage à cette part du Maroc international qui construit sa place dans les organisations tout en portant une expérience de plusieurs cultures.

Son parcours mérite d’être mis en lumière pour ce qu’il rend possible dans le regard des autres. Une jeune professionnelle peut y reconnaître ses propres hésitations, comprendre qu’une transition ne ferme pas un avenir et se donner le droit de viser plus haut. La transmission commence aussi ainsi.

 

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